Sortir d’une situation d’exclusion avec AIR 92 : Témoignage d’une personne accompagnée le 29 juin 202629 juin 2026 par Marylene Ce dispositif de remobilisation de personnes très éloignées de l’emploi est piloté par plusieurs associations regroupant des professionnel·les qui vont accompagner de façon complémentaire, très complète, les bénéficiaires : levée des freins à l’emploi, reprise de confiance, suivi psychologique, socialisation, suivi du retour à l’emploi… Pour mieux comprendre ce programme et ses bénéfices pour les personnes, nous avons rencontré Blandine Dequet, médiatrice sociale de AIR 92 chez Espaces et l’une des bénéficiaires, Madame Tavares qui a accepté de témoigner. Blandine Dequet, médiatrice sociale explique « En accueillant Madame Tavares, on avait bien senti sa détresse au début du parcours, avec une situation très compliquée. Mais c’est un accompagnement qui s’est très bien passé, car elle était volontaire, elle nous disait clairement les choses et voulait venir. Elle a été actrice de son parcours AIR 92. » Madame Tavares a accepté de parler de sa situation et des bienfaits de son accompagnement par les équipes d’AIR 92. Aujourd’hui, elle se réjouit d’avoir pris confiance en elle, réglé des situations administratives et personnelles très lourdes, et d’avoir de nouvelles opportunités d’emploi. « J’ai connu AIR 92 avec le Secours Catholique car à l’époque j’avais beaucoup de problèmes administratifs, suite à des violences conjugales et des menaces de leur père sur mes enfants. J’ai gardé mes enfants pendant un an avec moi, déscolarisés, pour les protéger. Mais la CAF a coupé les allocations. Je faisais des heures de ménage, mais je ne pouvais pas travailler à temps complet car j’avais mes deux garçons avec moi. Parfois, je ramenais le petit avec moi, ou ma voisine gardait les enfants pendant que je travaillais. Mais je ne faisais que 3 heures par jour. C’était très compliqué. Quand j’ai connu AIR 92, tout était trop compliqué en administratif. J’avais beaucoup de soucis. Levée des freins administratifs et financiers « Ça m’a beaucoup aidé financièrement. Les accompagnements que j’ai eus m’ont beaucoup aidé pour les problèmes avec le père de mes enfants. Quand j’ai rencontré la psychologue, j’étais bloquée. En parlant avec elle, ça m’a donné beaucoup de confiance. Après, je suis partie du Secours Catholique, j’ai été suivie par le DAF. C’est là que les choses ont beaucoup avancé pour mon divorce. Grâce à l’aide du DAF, la CAF a commencé a payer les allocations, l’aide au logement a pu m’être versée. J’avais une grosse dette de location. Avec mes heures de ménage je ne pouvais payer que les courses. Avec les allocations de AIR 92, j’ai pu payer le loyer, et ça a débloqué les allocations d’aide au logement. Ils ont vu que je faisais des efforts par rapport à ma situation. Si je ne payais pas c’est que je n’avais rien du tout. Avec les allocations AIR 92 je payais tous les mois le loyer, l’électricité. J’ai aussi reçu l’aide d’assistantes sociales. » Des rendez-vous réguliers et des ateliers variés « Je savais que j’avais le rendez-vous à Clamart avec la psychologue et la conseillère en insertion qui m’a beaucoup aidé par rapport au travail. J’ai aussi fait la sophrologie, 3 rendez-vous, et des heures de français. Pour moi c’est bien mais je trouve dommage de ne pas avoir fait plus, car j’avais les enfants. C’était frustrant car j’étais intéressée. Il y a beaucoup de choses qu’on m’a proposées que je voulais faire, mais je ne pouvais pas avec les enfants avec moi. » Au niveau personnel qu’est-ce que ça vous apporté ? « Beaucoup de choses. Les rendez-vous avec la psychologue, ça m’a donné plus confiance en moi. J’avais confiance en elle. Je suis quelqu’un de plutôt fermé, mais elle m’a expliqué beaucoup de chose, elle m’a donné beaucoup de confiance. Sur les choses administratives, il y a des choses que je ne comprenais pas, je n’aimais pas ça, et j’étais fermée. Elle m’a expliqué ce que je ne comprenais pas. Ce qui n’allait pas chez moi, je lui disais, elle me donnait ses conseils ; ça m’a donné beaucoup de confiance en moi, beaucoup aidé. Parfois, je n’avais pas moyen d’y aller, on faisait les rendez-vous par téléphone. » Vous avez participé aux ateliers de sophrologie… « Ça m’a aidé pour le stress. J’ai appris les exercices de respiration ! D’autres personnes avec moi ont été aidé par ça. Ça m’a beaucoup aidé de voir d’autres personnes aussi. Maintenant, si j’ai du stress, je fais ma respiration ! » Vers plus d’opportunités Comment ça se passe aujourd’hui, après la sortie du dispositif ? « Aujourd’hui, je fais des heures de ménage. J’ai dit à ma CISP que si les enfants reprenaient l’école, je voulais bien travailler dans une cantine d’école ; je faisais ça avant, j’aime beaucoup travailler avec les enfants. Mais c’est très compliqué pour les horaires ; j’ai compris que c’est plus facile de faire des heures de ménages. Les familles chez qui je fais le ménage comprennent ma situation par rapport à mes enfants et les horaires. C’est plus facile pour moi, ça me fait moins de stress. Maintenant, je cherche des heures de ménages complémentaires, il faut que ce ne soit pas trop loin de chez moi pour pouvoir être à l’heure. J’étais triste de finir l’accompagnement et de perdre le contact avec Emma, Beatrice, Blandine. Pour moi c’était un lien important. Je n’étais pas tout le temps avec les enfants ! Je voyais d’autres choses. J’ai eu la chance que mon contrat ait été prolongé, mais je comprends qu’il ne puisse plus être prolongé. J’étais à l’aise car Emma et Beatrice m’ont dit qu’on pouvait rester en contact par téléphone. J’étais soulagée de savoir que je peux les contacter. Quand j’ai su ça, j’étais très contente de ne pas couper les ponts. Je suis triste de perdre le contact avec les personnes mais ça m’a beaucoup aidé, beaucoup porté. Maintenant j’ai plus d’opportunités ! » En savoir plus sur AIR 92, avec le témoignage de Soundouss Moussa, Conseillère en insertion socio-professionnelle du dispositif.