Petit guide de l’expo en plein air consacrée aux libellules « Vu à l’étang de Meudon, havre de biodiversité »
par les bénévoles de l’association Espaces.
Photographies de André Berland, Dominique Mattei, Olga Korsak et Eric Laurent.
Affiche par Dominique Artis.
Introduction
Grâce à la contribution financière de la ville de Meudon et de l’ONF, cette exposition vous est offerte avant tout pour le plaisir des yeux. Pour admirer la beauté de ces insectes volants que sont les libellules photographiées au dernier stade de leur vie.
Mais si vous voulez en savoir plus lisez la suite !
Avec 15 espèces de libellules identifiées au fil du temps, vous découvrirez une diversité biologique étonnante qui pourtant se trouve tout près de notre porte.
Sur les 15 espèces présentées, 9 appartiennent au sous-ordre des anisoptères, communément nommées « Libellules » avec un « L » par la suite et 6 au sous-ordre des zygoptères, communément nommées « Demoiselles ». Libellules et Demoiselles sont présentées dans deux sections bien distinctes de l’exposition.
Avant de commencer par les Libellules remarquez la qualité de l’affiche et le soin apporté pas son auteur, Dominique Artis, à rendre la transparence de l’aile de la Libellule à 4 taches.
Section 1 : Les Libellules
Suivez la rive nord de l’étang en partant du restaurant.
Photos A1 et A2 : AESCHNEE MIXTE
Remarquez le vol puissant de cette espèce, caractéristique assez générale des Libellules comparé au vol plus hésitant des Demoiselles.
Remarquez aussi :
– Les ailes postérieures plus larges que les antérieures, c’est une spécificité des Libellules d’où leur nom scientifique d’anisoptères (ailes différentes).
– Quand elles sont posées, les ailes largement écartées de part et d’autre du thorax, autre point commun des Libellules.
– La posture d’accouplement commune aux Libellules et aux Demoiselles. Le mâle au dessus saisit la femelle par l’arrière de la tête, la femelle recourbe son abdomen vers les pièces copulatrices du mâle. On dirait le dessin d’un cœur !
– Mâle et femelle de cette espèce sont difficiles à distinguer, c’est loin d’être le cas général. On le verra plus loin.
Photo A3 : AESCHNEE Bleue
On observe ici la « naissance » d’un adulte. Un œuf a éclot dans l’eau pour devenir larve. La larve après avoir vécu un hiver ou plus dans l’eau, et changé de peau plusieurs fois au cours de sa croissance, a fini par sortir à l’air libre. La libellule adulte en est sortie, laissant sur place la dernière peau de la larve sur laquelle elle est encore accrochée.
La libellule fraîchement éclose y restera le temps que ses ailes sèchent à l’air et au soleil et lui permettent de s’envoler. Cela peut durer plus d’une heure, période pendant laquelle elle est à la merci d’autres prédateurs.
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Photo A4 : ANAX NAPOLITAIN en vol
Remarquez que les pattes sont collées sous l’abdomen, aérodynamisme oblige.
Photo A5 et A6 : LIBELLULE FAUVE mâle et femelle
On ne peut pas les confondre. Points communs : la taille, les taches foncées à la base des ailes antérieures et postérieures. En trouverez vous d’autres ?
Photo A7 : LIBELLULE Déprimée mâle
La différence avec la LIBELLULE FAUVE de la photo A5 est subtile. Croyez nous sur parole et observez que leurs yeux se touchent, caractère spécifique des Libellules par rapport aux Demoiselles.
Photo A8 : LIBELLULE à 4 taches
Les 4 taches noires très caractéristiques de l’espèce se situent au milieu de l’avant des ailes.
Photos A9 et A10 : Orthétrum réticulé mâle et femelle
Là aussi voyez la grande différence entre les 2 sexes.
Photo A11 : Orthétrum bleuissant
Signe distinctif par rapport à l’Orthétrum réticulé : les petites taches allongées à l’extrémité supérieure des ailes sont jaune orangé au lieu d’être noires. On le voit ici encore, distinguer les espèces est souvent un art difficile.
Photos A12 et A13 Sympétrum fascié – différence mâle/femelle
Remarquez encore une fois la différence entre mâle et femelle.
Section 2 : Les Demoiselles
Poursuivez votre chemin autour de l’étang jusqu’à la rive sud au long de la route.
Photo Z1 : Leste vert
Sa couleur est magnifique et il possède 3 des 4 caractères distinctifs des Demoiselles : aspect général grêle, yeux nettement séparés, ailes antérieures et postérieures semblables. Pourtant ses ailes légèrement écartées au repos sont une exception, toutes les autres demoiselles les ont presque jointes au dessus de l’abdomen.
C’est un mâle, cela se reconnaît à ses pièces copulatrices, légère excroissance sous le 2e segment de l’abdomen à partir du thorax.
Photo Z2 : Petite nymphe au corps de feu
Voyez la position des ailes au repos. Ne mérite-t-elle pas son joli nom ?
Photos Z3, Z4, Z6 : 3 accouplements d’espèces différentes
Sauf pour l’agrion à larges pattes, mâle et femelle ont des coloris très semblables ce qui est souvent le cas chez les Demoiselles.
Les deux premières Demoiselles sont immobiles dans la position classique du cœur copulatoire.
Au contraire, les agrions à large pattes sont à peine posés, leurs ailes battent, on devine qu’ils vont aller ainsi sur leurs lieux de ponte.
Photo Z5 : Agrion jouvencelle
Décrit et nommé par Linné en 1758.
Linné est reconnu comme l’inventeur de la classification moderne des espèces par genre et espèce. Dans le nom scientifique en latin puella signifie jeune femme, joliment traduit en jouvencelle. Scientifique, Linné est aussi poète, comme la plupart des amoureux de la nature que nous sommes !